Joyeux Noël en grande surface
ô chrétien de magasin !
Pas de petite fumée sans feu de dieu
L’herbe du diable coupée
sous nos pieds nus
marchant sur les braises !

L’incandescence de ces bougies n’aurait d’égale
que l’indécence de ces guirlandes, énergivores ?
Je cris à LED, pour ceux qui passent
dehors les nuits de givres sylvestres !
En tête de gondole la messe étant dite
L’illusion  clignote et caracole !

Ô père Noël industrieux,
Que devient la nature humaine ?
Où sont les petits enfants libres de rêver,
hors ces mensonges consuméristes ?
L’hallucination sape la force vitale .
Fatale ta vie en botte, sous le sapin !

Et si je t’enguirlande,
à notre dame des glandes
Vierge nature violentée
ô paix divine, ciels et terres embrasés
De nefs tonnantes et fumantes
crois tu voler naturellement ?

Ciel pur : changée la règle éternelle !
Au firmament ne passe hélas
que gaz d’échappatoire
Derrière cette combustion lente
s’asphyxie la divine émotion
Et brillent alanguies nos étoiles

Que ces armées de dindes entonnent
un cœur de larmes rouges !
Que ces hordes de chapons battent la démesure !
Foules de blanches oies,  déplumée la foi sauvage ?
Nos casseroles, grassement, tintinnabulent.
Les marrons sont-ils à jamais glacés ?

Délicatement, rêvons de cette grâce renouvelée.
Pas de miracle à l’horizon !
Allons, décidons sereinement !
Ressaisissons ces rennes essentiels,
Afin qu’exultent les solstices
En regain de lumières intérieures !

– YPS

Écrit à Elliant, le 24 décembre 2017

Illustration : L’adoration des bergers – Charles le Brun 1689 – Source : Wikipédia
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