Je suis assez et même trop souvent en colère actuellement, bien que j’ai connu pire ! Particulièrement face à ce que je considère comme la principale cause du mouvement on ne peut plus légitime des gilets jaunes que je soutiens pleinement : la violence étatique, institutionnelle, la maltraitance institutionnalisée, antidémocratique et politique, évidence sautant aux yeux, à la gorge et à la figure de tout ce qui ne se plie pas à l’ordre humainement incorrect et démocratiquement dégénéré établi !

Ce sont chez moi des facteurs externes, particulièrement stimulants de ce sentiment de colère, dont la cause interne, profonde, inhérente à ma sensibilité, mon histoire de vie, ma culture et mon éducation, me semble bien cernée. Ces comportements étatiques, ceux des responsables politiques dévalorisants des personnes ordinaires touchent et irritent en moi de vieilles cicatrices, liées à une enfance maltraitée, très dévalorisée, mais m’ayant conduit sur un chemin de résilience depuis de longues années, plus de trente ans.

Je ressens très fortement la mécanique de dévalorisation en Marche du parti macroniste et de son Jupiter incompétent à mener des politiques humanistes et donc valorisantes du peuple, de la démocratie. Il en est à la provocation très adolescente, irresponsable et cruelle, face au peuple exploité, non seulement méprisé, humilié, déconsidéré, mais aussi ouvertement et dangereusement maltraité, estropié, éborgné et défiguré, sans aucun scrupule. Ce, par une gouvernance finalement déshumanisée, foncièrement fermée derrière une illusion technocratique, mécanique et circonstancielle « d’ouverture au dialogue », mais surtout abusivement autoritaire et perverse, en ces objectifs éminemment égoïstes, favorisant irréfutablement une classe élitiste et privilégiée ne partageant objectivement que des miettes, et comptant bien ne pas partager plus, le minimum, en tous les cas.

Macron ne fera donc pas beaucoup mieux et cherchera systématiquement à temporiser pour ne donner au fond que ce minimum là, en terme de « concession » face à l’adversité, étant pathologiquement incapable de sortir de l’idée de conflit avec le peuple, qu’il traite de fait en ennemi. Ne le traitant pas en égal, en frères et sœurs, en êtres humains, il ne peut pas objectivement se réconcilier avec lui, encore moins « réconcilier les français entre eux », comme il en avait émis le souhait. Il en est humainement incapable, en l’état de son aveuglement très profond sur lui-même.

J’exècre, de fait, et nous sommes nombreux, les attitudes iniques de ce gouvernement manipulateur, chapeauté par un individu que je trouve immature, ambivalent et très léger spirituellement, roitelet pète sec et dénué de sincérité réelle, siégeant dans un luxe indu et surfait, à l’Élysée. La manière de traiter, de violenter et culpabiliser le droit à manifester, d’instrumentaliser les gardiens de la paix transformés en machine de guerre à tabasser la populace, par l’agression systématisée des manifestants pacifistes, au mépris des droits fondamentaux et au prétexte fallacieux des « casseurs » est pour moi la première cause immédiate (visible) de cette violence étatique, en sa soif de pouvoir qui se mord la queue. Il s’agit bien de chercher, très sciemment et perversement, à imposer plus que jamais un modèle maltraitant, culpabilisant, coercitif et castrateur, pour soumettre le peuple à une absence totale de vision réellement humaniste, chez ces gens là.

D’autres causes, profondes, nombreuses et non avouées, liées au besoin des gouvernements libéraux d’entretenir à bien des égards l’ignorance dans le peuple, de l’infantiliser, tout en le dévalorisant donc pour mieux en profiter dans ce manque de transparence, sont à mon avis les fondements même de la violence qui se déclare autour des manifestations des gilets jaunes et n’a certainement pas finit de s’exacerber. Y compris en ses interventions les plus « sauvages » et non moins illégales, mais compréhensibles :

Le corps social fragilisé se révolte, parce qu’il somatise, à force de ne pas être considéré dans sa valeur intrinsèque, humaine et digne par des dirigeants qui sont pathologiquement incapable d’écouter sérieusement leurs semblables, car ils n’écoutent en réalité que leur seul et unique ego, hypertrophié, et ne les considèrent d’ailleurs pas comme « leurs semblables », tant ils se croient supérieurs, et même « trop intelligents » !

Les éléments les plus fragilisés, déstabilisés, dévalorisés, réagissent alors les plus violemment, de manière irrationnelle, mais en réalité proportionnée à la violence étatique subie dans et par le peuple. Ce sont comme des « soupapes » qui lâchent, des pétages de plombs sans plus de capacité de retenue. Les pouvoirs se servent ensuite de prétexte à imposer un modèle répressif, coercitif et écrasant contre l’expression pacifiste et démocratique elle-même : Le modèle patriarcal, archaïque, dépassé, obsolète (et au demeurant néolibéral), le philosophe Michel Onfray dirait aussi « maastrichien », non sans de bonnes raisons à cela ! La logique répressive d’un pouvoir aux abois ne conduira causalement qu’à plus de violence, il faut s’attendre à plus de morts.

Mon problème, c’est que cette colère personnelle, devant toute ces évidences et ces événements traumatisants les mettant en exergue, me fait souffrir au quotidien. Et là, j’ai décidé de réagir, en exprimant ma créativité plus avant. C’est un conseil de ma tendre épouse : créer, m’exprimer si et quand je me sens en colère, mais aussi , naturellement, si je me sens bien, sous forme aussi positive que possible. Les médias mainstream qui font outrancièrement la propagande macronnienne me donnent du grain à moudre, de ce point de vue, pour en découdre avec au fond ce qui exacerbe la colère : mon propre sentiment de dévalorisation. A moi de faire ce qui peut donc me (re)valoriser, en faisant autant que possible et du mieux possible, valoir mes capacités créatives et notamment d’être communicant…

Le psychiatre, médecin, écrivain et poète polonais Kaziemir Dabrowski, parle de la « désintégration positive« . Et il est possible de dire que c’est actuellement ce que traverse la société, en direction de ce qui a besoin de mourir à soi-même, au cœur de la décomposition, pour renaître régénéré. Il a ainsi théorisé le fait que la colère qui nous traverse correspond en profondeur, en nous même, à l’expression du potentiel qui est le nôtre, mais auquel nous n’accédons pas, en ne nous hissant pas intérieurement au niveau de ce potentiel, par manque de confiance et d’estime de soi, et parce que nous refoulons donc notre valeur intrinsèque la plus positive, que nous pouvons ainsi ignorer, dans le déni de nous mêmes. Il y a conflit intérieur, entre l’intuition de ce que nous pourrions être, (une personne épanouie, libre intérieurement, reconnaissante de sa propre valeur et de son plein potentiel) et ce qui n’est pourtant pas encore le cas, dans le sentiment de dévalorisation, le refoulement et son cortège névrotique, telle la culpabilité, l’angoisse, voire la dépression… Ce sont des états de vie intérieurs où nos insatisfactions, frustrations et souffrances, tendent à dominer, pouvant nous conduire à nous mettre en colère, soit contre les autres, soit contre nous-mêmes, ou les deux. Nous autodétruire aussi, face à ce qui est dévalorisant, humiliant, castrateur, dépréciatif. Telle la politique macroniste malsaine qui fait très clairement les choux gras des plus riches et d’eux seuls, dès lors qu’eux mêmes, en se survalorisant, se dévalorisent aussi, au fond. En tous les cas aux yeux du peuple sidéré, c’est certain, sauf les aveugles qui ingèrent virtuellement des miettes de luxe dans les magazines peoples, pour vivre plus profondément encore dans l’illusion et par procuration à travers le rêve inaccessible des autres, plutôt que de faire vivre les leurs.

C’est aussi pourquoi je veux systématiquement et désormais me mettre à la création, même simplement, comme en écrivant par exemple un petit poème, pouvant s’inspirer d’une photo, et à chaque fois que je me sens en colère, face à cette actualité prégnante, constamment dépréciative de la valeur des êtres humains, en tout les cas beaucoup trop. Ceci pour construire quelque chose de positif, d’agréable, de bienfaisant, à partager avec les autres, tout en me faisant nettement du bien, plutôt que de ruiner l’instant présent avec des sentiments « négatifs », dépréciatifs de ma propre valeurs et capacité à être créatif et proactif.

Les médias, que d’aucun appelle à juste titre « merdias » produisent une avalanche constante et numérisée de déchets sémantiques souvent excrémentiels. Ils empuantissent terriblement l’ambiance du pays, font interagir entre elles des montagnes d’émotions qui ne se maîtrisent plus, se répandent en invectives sur les réseaux, amoindrissent la possibilité de prendre un recul serein et de fait contribuent à l’appauvrissement de ce qui n’est fondamentalement plus que l’ombre de « débats ». Heureusement, certains interrogent le rapport aux médias, de manière instructive.

Les politiques alimentent quotidiennement cette véritable fosse septique de leurs « propres » déjections verbales ! Y compris à se dévaloriser les uns les autres, tout et n’importe quoi pourvu qu’ils se crachent dessus et vomissent leurs vipères, dans la langue putassière et la colère, tant l’arrogance et la suffisance minent leur capacité de discernement réel. Il n’y a plus de dignité réelle dans ce monde là qui nous pollue tous littéralement l’existence, et à nous dire quoi et comment penser, dans les médias, avec la condescendance qui les caractérise. Je pense, par exemple, aux Joffrinades, si bien explicitées par Onfray. Et il n’y en a pas vraiment un pour rattraper l’autre, bien qu’ils jureront individuellement et inlassablement être « le mieux placés pour le faire » dans leur petit logiciel en boucle, sans donc jamais voir que c’est toujours leur nombril surdimensionné et fort peut reluisant qui s’exacerbe en gerbes crasseuses. Le discrédit abyssal du monde politique n’a d’égal que l’échec considérable qui est le sien à n’avoir su réussir à créer une société réellement meilleure, tout en se rendant la vie meilleures en priorité, à eux, leurs amis, proches et privilégiés de l’entre soi plus égocentrique et déconnecté des réalités des personnes ordinaires que jamais.

Être en paix, c’est bien plus souvent être au milieu de difficultés et de désagréments, mais être toujours calme dans son cœur.

source

C’est pourquoi je veux créer avec l’écriture et aussi les photographies, autour d’elles et avec le texte… Il s’agit bien de transformer le sentiment de colère en bienveillance, en autant de raisons de cette dernière, pour ne pas souffrir et s’éterniser dans le sentiment de dévalorisation, en allant au fond de soi puiser le meilleur de soi, dès lors que je ressens à quel point le potentiel d’expression est là, prêt à s’épanouir. Je crois que nous avons tous un tel potentiel. Quoi qu’il en soit, c’est bel et bien mon plus grand défi pour cette année 2019, que je vous souhaite toute aussi constructive, tant dans l’introspection que dans la communication et l’action bienveillante, pour vous et pour les autres à la fois !

  • YPS

Illustration : Tableau « En Marche Vers la Paix » – Dominique Delouche Source

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