Réformer drastiquement le droit de chasser pour préserver la vie

par | Oct 13, 2017 | Droits humains, Politique | 2 commentaires

Pour préserver de trop nombreuses vies misent en danger, nous devons en France réformer drastiquement le droit de chasser. L’Association pour la protection des animaux sauvages, ASPAS, milite pour ce changement. Une pétition : « Pour une réforme majeure et en profondeur de la chasse » est en ligne à ce sujet, recueillant plus de 36 800 signatures (à ce jour).

Vous n’êtes probablement pas sans savoir qu’une horde d’environ un million de chasseurs ne sachant pas chasser sans, ou avec leurs chiens, tuent et blessent un nombre considérable et inadmissible de personnes humaines, chaque année, rien qu’en France ! En effet, « bon an », mais plutôt mal an, nous déplorons bien trop de morts et de blessés par les armes de chasse laissées entre des mains meurtrières : Déjà quatre morts depuis l’ouverture de la chasse en 2017, 350 depuis 2000, nous dit Le Monde, dont un petit fils tué par son propre grand-père en début de saison 2017, hélas ! D’ici la prochaine fermeture, en 2018, nous pouvons sans craindre de nous tromper envisager une prévision mortelle pour ainsi dire « normalisée officieusement » par l’État actuellement très laxiste,  d’environ 145 à 260 accidents potentiels, comptabilisant les blessés, dont entre 19 et 57 morts à venir, pour la saison en cours. Quel avenir pour les promeneurs dominicaux, menacés de mort violente par la dissuasion chasseresse, non moins violente ?

En fonction donc les variations accidentelles annuelles,   au cœur même du bilan macabre et histoire de clôturer « en beauté » la chasse aux trophées, nous voyons clairement ce qui n’honore aucunement l’abominable « tableau de chasse » ! Sauf à se complaire plus encore dans la morbidité, il est impossible d’accepter humainement ce sacrifice dominical sanglant, arboré sur l’autel des plaisirs « normalisés » de la chasse, ainsi imposés sans aucune contrepartie à la population promeneuse, depuis des décennies ! S’agirait-il d’offrir éternellement au chasseur une sorte de « passe droit à la jouissance paisible » des lieux chassés, privilège indu menaçant systématiquement la promenade et permettant régulièrement de tuer « par accident » son congénère humain, au titre des « dommages collatéraux acceptables » ? La jouissance paisible réelle des lieux promenés ne devrait-elle pas être humainement prioritaire, à celle des lieux violemment canardés ? Un locataire a bien le droit, lui, à cette jouissance paisible, consistant bien à ne se faire tuer ni blesser par personne, pour vivre en paix dans son logement. Le droit à la « jouissance paisible des lieux » pour les promeneurs pacifistes, dans nos campagnes et forêt, est soumis, lui, à la menace des armes qui tuent et blessent, très concrètement, objectivement et continuellement, sans que rien ne vienne arrêter le massacre, cette nuisance sanglante ! Il y semblerait qu’il existe là un vide juridique particulièrement cruel et même purement assassin, en son déséquilibre évident !

« Quelquefois, le chasseur dit : « Pauvres bêtes ! » C’est quand il a tué tout son saoul. »

Jules Renard Artiste, écrivain (1864 – 1910)

J’ai moi-même été chasseur, par atavisme familial, par identification au comportement patriarcal imposant sa testostérone et son adrénaline par la force, y compris celle des armes. C’est à dire pour faire en gros « comme papa » ! Mon grand-père, père et frère chassaient.  À seize ans, en 1976, j’avais passé le permis pour la première année de son existence obligatoire. À vingt six, las de crapahuter mornement à la poursuite de pauvres bestioles apeurées par les chiens surexcités, en vue de les dézinguer, j’ai tout abandonné. Je ne me reconnaissais plus dans ce schéma morbide, tant je trouvais au fond la chasse d’un ennui mortel ! Le prétexte à porter le fusil « pour se promener dans la nature » avait fait long feu dans mon fort intérieur. J’avais alors mis fusil et cartouchière à la vente chez un armurier et jeté mon permis aux oubliettes. Depuis, la nature en moi a repris ses droits, je la respecte sans plus chercher à l’agresser, me contentent de l’admirer, de la photographier et de la jardiner en l’arpentant, la cultivant et l’admirant sereinement. Je vis en zone rurale avec ma famille, au milieu des champs. Nous ne sommes pas forcément rassurés, dès l’ouverture de la chasse, lorsque nous allons à la cueillette des champignons, des baies de sureau et aubépines destinées aux confitures, où simplement nous promener dans notre environnement. C’est qu’autour de nous, ça défouraille ! Mon épouse et mes filles se font d’ailleurs toujours remarquer des chasseurs, en faisant du bruit dans nos chemins alentours, dès qu’elles en détectent la présence. Elles veulent être bien sûres qu’elle ne vont pas être prise pour du gibier ! Et tant pis si elles font fuir ce dernier et dérangent la partie de chasse qui n’est donc pas une partie de plaisir pour ceux qui ne sont pas armés ! D’ailleurs, ceux qui le sont payent eux-mêmes leur tribu à cette marotte flingueuse, vu le nombre d’entre eux qui s’entre-tuent !

Au fond, c’est un peu comme le terrorisme qui ne nous empêche pas complètement de vivre, dès lors qu’il ne s’agit pas de lui donner raison. Nous continuons ainsi de faire nos courses et allons au concert et dans les lieux publics. Qui ne pense jamais aujourd’hui à l’intrusion potentielle « d’un fou de Dieu », lorsqu’il se rend au supermarché, où à une manifestation culturelle ? Qui seront les prochains sur la liste des prédations « accidentelles », prétendument dues « au pur hasard » et même « au mauvais sort »,  fonction de l’endroit où l’on se trouve, lorsque sifflent les balles  en forêt ou dans nos champs ? Nous avons parfois entendu des plombs sur notre toiture, dus à des tirs dont la direction particulièrement « hasardeuse » ne respectaient manifestement pas les règles du droit de chasser, à bonne distance des habitations ! Dans une entrée de champ (« toulcar » en breton) située face à notre maison de l’autre côté du chemin qui y conduit, j’ai récemment trouvé deux cartouches pleines, non tirées,  dont je me demande bien depuis ce que je devrais en faire ? Et si c’était des enfants qui les avaient trouvées ? Combien d’accident avec des cartouches qui ont alimenté des jeux extrêmement dangereux et non moins puérils, à coup de marteau et de poinçon dans un étau, pour les faire déflagrer ?

Qui, finalement, protège la vie du promeneur et de sa famille, lorsqu’un million de chasseurs sont lâchés dans la nature, tous potentiellement tueurs ?  Un nombre croissant de français ne s’y trompent d’ailleurs pas, révèle l’IFOP dans une enquête d’opinion salutaire : huit français sur dix sont favorables à la fermeture de la chasse le dimanche, dès lors qu’il reste tout de même 65 millions de personnes en droit de pouvoir se promener dans la nature, sans avoir à prendre le risque de s’y faire trucider par « un million » potentiel d’armes à feu. C’est ce qui rend la question « accidentelle » relative à celle de la probabilité des accidents, dans un contexte de règles bien trop molles actuellement, pour être en mesure de sécuriser ce qui devrait l’être, ce qui devrait pourtant aller de soi ! Il faut bien comprendre que la majorité écrasante de la population du pays est ainsi prise en otage par une minorité menaçante et objectivement dangereuse !

Allons un peu plus loin dans les faits avérés : Pourquoi donner un permis de tuer à des assassins potentiels parfois et même souvent alcoolisés, « cannabisés » et autre joyeusetés aliénantes et stupéfiantes, sans plus de garde fous véritablement efficaces ? Qui fait sur le terrain, mais mieux encore, en amont, les test d’alcoolémie et de prise éventuelle de stupéfiants, voir de médicaments inhibant les capacités sensorielles, pour cette population surarmée ? Sans compter ceux qui ne consomment rien qui n’amoindrit à priori les sens, ni d’illégal, mais qui ont peut-être mal dormi, trop travaillé, n’ont pas consulté un ophtalmologiste depuis des lustres, ou alors jamais, souffrent d’un problème de santé non diagnostiqué ou psychologique particulier, ou bien sont finalement et simplement devenu trop vieux pour être encore vraiment capables de savoir sur quoi et sur qui ils tirent ? Ça arrive aussi, je vais y revenir…

Il est au passage un terme signifiant dans les milieux de la chasse qui désignent certains d’entre eux : les « viandards » ! Il désigne péjorativement ceux qui chassent pour tuer, remplir le congélateur avant tout et sans plus d’humanité, ni de compassion pour la nature : ce sont les pires prédateurs. Je l’ai parfois entendu et observé lorsque je chassais. Ce n’est donc pas « une vue de l’esprit ». Et que dire de ses furieuses envies de canarder qui démangent parfois les « fameuses gâchettes faciles », déconnectés de tous sentiments, y compris envers les chats qui payent un lourd tribu, et pourquoi pas des humains à l’occasion, histoire de compenser violemment quelques frustrations inassouvies ? Tant que ça bouge « un poil » (ou une plume) dans les fourrés, sans la certitude absolue qu’il ne s’agit pas d’autre chose que du gibier, pourquoi donc prendre le soin de savoir s’il ne s’agirait pas, par un extraordinaire hasard, d’un être humain ? Ce, dès lors que l’on a voulu croire qu’il ne s’en agissait pas, dans son hallucination carnassière guidée par une animalité vorace, un instinct primaire faisant à la fois fi de toute humanité et feu dans tous bois potentiellement giboyeux ?

« La différence entre une bière et un chasseur, c’est que la bière, ils la font sans alcool… »
Laurent Ruquier 
Animateur, Artiste, Chroniqueur, Dramaturge, écrivain, Homme d’affaire, Parolier, Producteur (1963 – )

Ne sourions même pas, c’est bien plus fréquent qu’on ne veut bien le croire, quand bien même il ne faut évidemment pas faire de généralité ! Mon portrait type du chasseur dangereux n’est pas ici pour faire dans la dentelle, mais pour contribuer à la responsabilisation générale, que ce soit bien clair. Cette horde désordonnée a t-elle « fait dans la dentelle », lorsqu’ils s’est agit de conduire au cimetière des milliers de personnes, depuis des décennies ? Sur la route, tout le monde ne bois pas, non plus et loin s’en faut ! Or, il suffit d’une seule fois pour faire prendre à la vie un virage tragique ! Mon grand-père maternel en avait lui-même fait les frais, sans toutefois en mourir immédiatement, par chance ! Il avait pris du plomb dans la tête, au sens non totalement défiguré du terme, sans que le chirurgien puissent tous les lui enlever, malheureusement ! Sa casquette de marin lui avait heureusement sauvé la vie : la partie la plus dense de la gerbe de plomb avait été stoppée par des couches de cuir formant l’intérieur de la visière, sous le tissus bleu marine. Ainsi copieusement arrosé, il avait aussi du plomb près de la carotide et du cœur, autour des yeux (protégés par ses lunettes), dans les bras… Rien de « vital » n’ayant donc été touché du point de vue des organes, sauf lui dans sa globalité ! Ainsi lesté, il avait fini sa vie avec la maladie d’Alzheimer, ayant tout oublié du monde qui l’entourait, à moins qu’il ne se fut agi « d’un saturnisme », non diagnostiqué ? Quel était sa lucidité à aller encore chasser avec celui qui lui avait tiré dessus ? Les chasseurs ne sachant chasser doivent donc savoir « avec qui ils chassent » et s’ils sont vraiment en état de le faire, pour prétendre de « savoir chasser », en ayant respecté scrupuleusement des règles de sécurités aussi martiales que drastiques, n’en déplaise aux laxistes potentiels (un million) !

La preuve, l’un de ses bons vieux ami l’avait pris pour « un sanglier », tirant alors à hauteur du visage, soit environ 1.85 mètres, ou alors quelque chose « d’approchant » ! La vieillesse peut ainsi être une cause d’incapacité, d’absence de discernement et de sagesse à se mettre soi-même une limite claire, pour ne plus prendre de risque avec la vie des autres, en tirant approximativement sur ce que l’on imagine être « un gibier ». Certes, ceci peut demander un effort sur soi-même, quitte à gérer une frustration et faire le deuil de ce qui n’est plus, en toute humanité et conscience ! Son vieil ami qui voyait voler des sangliers avait d’ailleurs rendu les armes à partir ce jour là, ayant enfin compris qu’il était plus que temps qu’il le fasse, soulagé, tout de même,  de n’avoir entièrement occis son vieux copain. OUF ! Combien refusent d’arrêter la chasse sans connaître leurs véritables aptitudes, n’y pensant d’ailleurs surtout pas, le plaisir égoïste avant tout ? Où en sommes nous de la connaissance sociologique et médicale du monde des chasseurs ? L’ignorance étant mère de l’incertitude, comment donc rassurer les promeneurs et même les chasseurs qui ont bien le droit de savoir, non ? 

 

Bref, devant tant d’approximations laissée au pur hasard et à l’appréciation de l’instinct chasseur le plus basique, afin que le droit de chasser soit reconduit ou non,  il faut de manière drastique légiférer en changeant sérieusement la donne pour l’obtention d’un permis de chasse, et refaire des contrôles non moins sérieux tous les trois ans, comme ça se passe au japon, où il n’y a quasiment jamais de morts ! Qui peut le moins peut le plus, sauf à être d’une terrible mauvaise foi, devant les évidences ! Dans le même esprit « martial », déterminé et pacifiste que celui des japonais,  l’ASPAS, je le rappelle, a donc fait 22 propositions au président de la République en forme de « demande d’une réforme générale de la législation liée à la chasse », dans un courrier en recommandé datant du 6 octobre 2017. Le président Macron sera-t-il à l’écoute de la vie et du respect de cette dernière, ou estimera-t-il que la vie du promeneur est secondaire, préférant l’envoyer travailler, ou dépenser son argent dans les galeries commerciales ouvertes, avec une politique du dimanche à flinguer le pouvoir d’achat et les acquis sociaux ?

La question est cruciale ! Il se trouve en effet que l’un des plus important problème, en France, est que les chasseurs se sont regroupés en un parti politique qui pèse son pesant de plomb bien toxique dans la balance électorale et pour l’environnement ! Ne manquant pas de flair, étant logiquement basé sur ses plus bas instincts dominateurs, le chasseur ne sachant chasser sans son chien tient bien en laisse le politique ! S’agirait-il  pourtant de ne préserver que son pré carré tueur, la cible bien dans sa mire : c’est à dire « son nombril, ses privilèges, ses droits actuels », tout allant pour le mieux dans le meilleurs des monde, au diable les centaines de blessés et les dizaines de morts, tous les ans ? Évidemment, c’est d’ailleurs une seconde nature chez lui, le politique français c’est montré bien trop laxiste et même extrêmement lâche, au fond, pour ne pas prendre le risque de se voir discrédité dans l’urne, s’il ne donnait pas raison au lobby meurtrier ! Ce dernier est  pourtant responsable de la mort de milliers de gens, des blessures et traumatismes de dizaines de milliers d’entre-nous, depuis des décennies que dure la gabegie sérieusement faisandée ! Nier la responsabilité de l’ensemble du corps des chasseurs ne revient-il pas, symboliquement parlant,  à confier une bombe nucléaire et les moyens de la faire exploser à un terroriste, en menant une politique non moins irresponsable ?

Il faut bien comprendre le CHOIX parfaitement délibéré des politiques français de laisser occire allègrement depuis des années des centaines d’êtres humains, dont des enfants et des adolescents, sans que jamais rien ne change en profondeur ! Ainsi ne se remettent jamais de leurs blessures mortelles les 19 à 60 occis définitifs et annuels d’entre eux, selon que les chiffres soient officiels, ou officieux… Et ceux qui pleurent leurs morts, nous n’en parlons pas spécialement, non plus,  au pays du tabou et de l’omerta fondamentaux cultivant ses atavismes comme autant d’aliénations sadomasochistes à ceux-ci ! Va-t-on, la mort dans l’âme, continuer d’accompagner au cimetière l’ami(e), le frère, la soeur, le ou la collègue, le petit fils malencontreusement décédé par « accident » de chasse ? Ira-t-on, de même, visiter à l’hôpital celle ou celui qui se sera fait plomber, « la fleur au fusil », pour montrer tout de même sa compassion un tantinet tardive ? Mieux vaut tard que jamais, certes !

D’ailleurs, le terme même « d’accident » n’aurait-il pas le dos particulièrement large, et bien qu’assurer ces derniers consitue aussi une manne non négligeable pour les assureurs ? Business is business ! La répétition annuelle et la probabilité statistiquement démontrée des « accidents » n’a d’égale que le laxisme politicien face aux impitoyables chiffres, statuant sur la réalité intangible de la continuité assassine, mortifère ! Le politicien s’avère manifestement plus absorbé par les statistiques le concernant, lui et sa sacrosainte côte de popularité !  Serait-ce plus important pour lui que ceux qui se prennent le plomb dans les côtes, si toutefois le caractère sacré de la vie était consacré, bien avant les sondages ? En réalité, il ne s’agit plus véritablement « d’accidents », encore moins d’une « fatalité », dès lors que l’on sait pertinemment que l’on ne fait pas politiquement ce qu’il faut pour que cesse le massacre ? Ne s’agirait-il pas, plutôt, de « meurtre collectif prémédité et politiquement assumé, avec intention de donner la mort »  ? Ceci, pour s’offrir le plaisir de chasser, d’une part, mais encore un électorat assez opportuniste, de l’autre, au prix de la vie des sacrifiés à la cause du dimanche, sanguinaire et barbare ! Comment donc se priver d’un million d’électeurs potentiels, sans prendre le risque de se faire tuer ou blessé grièvement à la chasse aux électeurs, pendant que l’on bat la campagne pour les rameuter ? La côte de popularité d’un politicien ne devrait-elle pas être directement liée à son humanité réelle et mesurable dans l’action préservant la vie, plus qu’à sa capacité opportuniste à drainer un électorat centré sur ses seuls intérêts égoïstes, ne la préservant aucunement ?

Réfléchissons encore. Ne serait-ce pas parce que le président du Sénat, Monsieur Gérard Larcher, est lui-même chasseur, que l’on se  devrait d’attendre dans l’angoisse qu’il soit mort lui-même, « au train de sénateur qui est le sien », pour le voir prendre une position humaine ? Ça fait des lustres il est régulièrement reconduit à sa fonction présidentielle sénatoriale. Allons-nous voir, enfin, en France, les politiques prendre la responsabilité courageuse de modifier les règles du droit de chasser ? Ceci, en s’inspirant donc de ce que font les japonais, modèle pacifiste exemplaire sur ce point et/ou en suivant les recommandations de l’ASPAS.  Comment monsieur Gérard Larcher, deuxième personne la plus importante de l’Etat sur le papier constitutionnel, peut-il tolérer l’hécatombe humaine, sauf à vouloir lui-même préserver son pré-carré endimanché, sauf à être lui-même particulièrement tolérant avec l’inacceptable, dès lors que ça contribuerait à remplir sa propre gibecière électorale ? La tendance à élire et réélire le chasseur ne sachant chasser à la tête des plus hautes instances ne devrait-elle pas interroger celle à la perpétuation de la maltraitance sociétale, en ses réalités blessantes et  mortellles ?   

Où est donc l’humanisme, le respect de la vie et des droits fondamentaux dans tout ceci, au pays des droits de l’homme à se tonton flinguer dimanche et jours fériés, en période de chasse ? Où est le cœur humain, dans ce qui plombe durement les corps ensanglantés et les cœurs meurtris par le deuil violent, pendant que festoient les chasseurs du contenu de leur gibecière ? Coup de fourchette gastronomique, gibiers marinés finement cuisinés arrosés de vins capiteux, ou bien saucisson, camembert et pinard, à la bonne franquette sur les lieux chassés, valent-ils plus que morts et blessés ? Il y a-t-il un président humaniste dans l’avion « France », à l’Élysée ou au Sénat, pour ne plus négliger les droits des promeneurs cueilleurs ou pour les leurs octroyer enfin, ces droits ?

La politique est comme la chasse, on entre en politique comme on entre dans l’association des chasseurs. La grande brousse où opère le chasseur est vaste, inhumaine et impitoyable comme l’espace, le monde politique. 

Ahmadou Kourouma Artiste, écrivain (1927 – 2003)

N’est-ce pas de la sorte, en ne faisant finalement « rien de percutant », que le politique français achète avec le sang des citoyens, le macabre et la violence, un électorat non moins manipulateur, pensant égoïstement que « seuls sont responsables ceux qui ont blessés et tués les autres », puisque « ça n’arrive qu’aux autres » ? Actuellement, ce ne sont pourtant pas les chasseurs, d’un seul admirable cœur et d’un seul élan vital, qui demandent à ce que soit révisées les conditions de leur obtention de permis, de leur surveillance médicale devenant obligatoire, de leur droit à continuer de posséder une arme à feu en excellent état de fonctionnement, s’il vous plaît, pour protéger et avoir ainsi un respect scrupuleux de la dignité et de la vie humaine, à défaut d’avoir celle des animaux ? Ne font-elles pas actuellement défaut en France, ces conditions, dès lors que nous laissons faire ce qui blesse et tue autant de personnes, à outrance et sans limites véritables, pendant que dans d’autres pays le problème est bel et bien réglé, depuis des dizaines d’années ! « L’exception française », un droit implicite à flinguer le promeneur dominical dans les bois et à se trucider entre chasseurs irresponsables ? 

Il faut en être conscient et savoir que l’on peut donc signer la pétition pour réformer la chasse, (et le droit de chasser). Nous aussi, citoyennes et citoyens ordinaires, nous pourrions éventuellement et relativement « nous en foutre de la vie humaine, tant que ce n’est pas la notre et celle de nos enfants » ? Mais qui s’en fou à ce point, objectivement, alors que l’habitude et l’inertie endorment et que l’on oublie d’agir, pensant, ou ne pensant même plus que « loin des yeux, loin du cœur » ? Il ne s’agit pas de s’étioler en larmes virtuelles sur Facebook devant toute la misère et les blessures du monde, mais bien de faire évoluer ce qui demande à l’être, concrètement, là où nous sommes ! Nous sommes, dans notre beau pays, capable de progresser dans la considération de la valeur de la vie de toutes et tous, et de bien plus d’humanité que celle dont nous pouvons actuellement faire preuve, dans notre léthargie relative. La route est longue et les chemins souvent escarpés, mais arrivé au sommet la vue est splendide !

À ce stade de la réflexion, nous nous devons de remercier La Buvette des Alpages qui recense les accidents de chasse. En effet, et c’est un lièvre qu’il fallait soulever, nous ne pouvons pas en l’état remercier le gouvernement français ! Il n’a jamais pris cette peine de communiquer honnêtement et régulièrement sur le sujet, bien que ça devrait de sa part « couler » pour ainsi dire « de source », pour faire le travail qui se devrait humainement être le sien. Nous savons pertinemment que les sujets qui fâchent en politique sont occultés. « Tant pis  pour les blessés et les morts » ? Le déni reste « tout naturellement » un moyen politicien bien connu pour nier et fuir le réel, histoire de plomber plus encore le droit fondamental à vivre en paix et en liberté. Nous sommes dans une époque ou nous voyons bien qu’il faut vendre de l’armement, (y compris tout l’attirail de chasse) pour que le consumérisme mortifiant  soit plus que jamais « en marche », « parce que c’est notre projet », et peut-être aussi parce que « nous ne sommes rien » ! Enfin,  si nous écoutons les saillies étonnamment dévalorisantes d’un  président un tantinet provocateur, et même parfois très décomplexé du langage, « bordel » ! Faut-il vraiment croire que chez ces gens là, monsieur, « la marchandise vaut bien plus que l’humain » et que « l’avoir est bien plus important que l’être » ? Mais soyons tout de même moins choqué par une réplique qui tue, comme autant de cinéma,  que par le fait que depuis des décennies, des morts par dizaines et des blessés par centaines font systématiquement partie du « tableau de chasse » annuel des chasseurs ! Ce qui n’est aucunement du cinéma, quand bien même ça évoquerait « le western » !

Cette liberté de jouir paisiblement de la nature dont nous sommes issus nous est littéralement volée par la horde de chasseurs qui menace toute la saison notre droit à vivre, randonner, respirer, récolter dans nos bois, forêts et campagnes. Ils y propagent la peur et l’angoisse de mort, en intimidant, en dissuadant, en excluant l’humanité pacifiste de son propre territoire, en castrant et phagocytant les besoins naturels à vivre en symbiose avec la nature et celui de venir s’y ressourcer sans dangerosité augmentée. Sauf a prendre des risques ahurissants ! Ceci n’est plus acceptable ! Il ne s’agit pas d’interdire totalement la chasse, mais bien de réguler de manière absolument contraignante, ce qui diminuera de manière considérable le nombre de victimes, voire l’annulera. Le dimanche ne devrait déjà plus être chassé ! Voilà qui devrait être l’objectif précis dans le viseur de tout chasseur et de tout politique bon, honnête et humain, un tant soit peu sérieux et responsable ! Il s’agit là d’un devoir, d’une responsabilité humaine, faisant aussi appel à l’humanité des chasseurs sachant donc chasser en bonne intelligence, acceptant des règles parfaitement efficaces pour les protéger d’eux-mêmes, en priorité et finalement, pour peu que le politique qui aurait « des testicules » les fixe donc, enfin !

« Liberté
De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?
De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages,
Aux sources, à l’aurore, à la nuée, aux vents ?
De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?… « 
Victor Hugo La légende des siècles (extrait)

 

Faisons très attention pendant la cueillette des baies, des champignons, durant la randonnée en forêt, à pied ou en VTT ! Peut-être serons nous la prochaine ou le prochain qui récoltera une gerbe plombante, nous conduisant à l’hôpital, dans le handicap, ou bien sans vie à la morgue, au cimetière et/ou dans une urne funéraire ! L’urne électorale peut ainsi elle même se remplir de cendres citoyennes, « par contumace »… Ce qu’il ne faut évidement souhaiter à personne, en faisant le nécessaire pour protéger de leurs propres crimes les assassins potentiels armés jusqu’aux dents et les victimes de leur terrible « malchance » ! Il faut relativiser ce dernier terme, il n’y a aucune fatalité en réalité : ce n’est pas de « la malchance » que de se faire blesser ou tuer à la chasse, c’est la loi de causalité, bête et méchante, statistiquement sans aucune pitié ! Des centaines de millier de chasseurs dans la nature, sans un encadrement bien clair et ultra serré, s’en est bête à pleurer, mais ça tue !

Il suffit, répétons le une fois encore, de comprendre comment s’y prennent les japonais pour réguler la chasse et contraindre les chasseurs à des règles claires et sévères, n’ayons pas peur des mots, pour réaliser qu’il n’y a aucun hasard qui vaille. Face à la sévérité statistique meurtrière, et la réalité impitoyable des blessés et des morts,  il y a juste la détermination à faire cesser cette criminalité qui ne dit pas son nom, en criminalisant donc ce qui ne respecterait pas des règles aussi claires qu’elles seraient elles mêmes impitoyables ! Ceux qui tuent et blessent des gens dans les accidents de chasse n’ont probablement « pitié » de leur victimes qu’après les avoir blessé ou tué, c’est à dire lorsqu’il est trop tard, malheureusement ! Et comme l’État lui-même autorise cette chasse qui met le peuple en danger, il devrait y avoir, comme pour le terrorisme, un fond d’indemnisation des victimes du même genre et au même niveau que ce qui est donné à celles du terrorisme. Ce fond serait évidemment d’autant moins sollicité que le nombre de victimes diminuerait, avec une politique adéquate, en amont. C’est ma proposition. Ceci pour l’égalité des chances à « se remettre » de telle violence et de ses conséquences, lorsque la famille perd un membre, si tant est l’on s’en remet vraiment au coeur des deuils et des handicaps occasionnés ?

Soyons pour une évolution humaniste vers la non-violence ! En soutien aux démarches vers une législation humainement protectrice, la fleur au fusil pacifiste, de mon côté, j’espère cet article avoir plombé, sans trop de dommages corporels, ni psychologiques,  l’atmosphère guillerette chez les chasseurs et les politiciens prédateurs de vie humaine, par trop laxistes face au droit de chasser ! Banzaï !

 

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